L’autocensure

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Je ne tiens pas à parler du 60ème anniversaire de l’État d’Israël. Je lui souhaite simplement bonne chance et beaucoup de bonheur et de prospérité à ses citoyens. Pour le reste, je me retiens de dire ce que je pense…

Ce petit pays n’a jamais vraiment connu la paix. De plus en plus d’historiens israéliens en rejettent la responsabilité autant sur les dirigeants israéliens que sur ceux des États arabes et de l’Iran, voisins. J’ajouterais à cela que les Juifs de la diaspora et certains gouvernements comme ceux des États-Unis et du Canada constituent un autre obstacle de taille à la paix. S’ils mettaient autant d’énergie à encourager Israéliens et Palestiniens à dialoguer qu’ils en mettent à renforcer les dirigeants israéliens dans leurs convictions qu’ils ont le monopole de la vérité, nous n’en serions plus là.

Les Israéliens - notez bien que je fais la distinction entre eux et les Juifs de la diaspora - les citoyens de l’État d’Israël donc, ont tout à fait raison de déplorer que certaines organisations palestiniennes comme le Hamas nient jusqu’au droit d’exister de leur petit pays. Mais les dirigeants israéliens - là encore je fais, à dessein, la distinction entre le peuple israélien et ses dirigeants - ces dirigeants veulent-ils vraiment la création d’un État palestinien comme les résolutions de l’ONU le promettent? J’en doute. En fait, certains se comportent comme si eux aussi refusaient de reconnaître le droit de l’État de la Palestine d’exister.

Tout cela me rend triste et me réduit au silence. Ce n’est pas souvent que je m’autocensure ainsi mais il n’y a pas de débat serein sur cette question. Je vous demande de faire preuve de la même retenue que moi…

Trois raisons de la colère

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La campagne d’une petite minorité anglophone et de leur journal communautaire - The Gazette - pour tenter de ressasser encore l’affaire des bulletins rejetés au référendum d’octobre 1995 commence à me chauffer les oreilles.

Hey! Il y a treize ans! Peut-on classer cette soi-disant affaire qui a été examinée par le directeur des Élections, puis par un juge, et classée? De toutes manières, les gens sérieux admettent que cela n’aurait rien changé au résultat final. Et je soumets qu’il y a sûrement eu fraude ou tentative de fraude dans le camp du NON aussi. A-t-on oublié les circonscriptions ou les bureaux de scrutin où il n’y avait quasiment pas de OUI?

Et surtout, vous rabâche-t-on les oreilles avec l’argent des commandites, avec les certificats de citoyenneté distribués à la hâte - tellement à la hâte que même un terroriste d’Al Qaïda s’est qualifié? Moi je soumets que le gouvernement du Canada, dirigé par le Très Honorable Jean Chrétien, a tout fait, quand il s’est rendu compte qu’il allait perdre, pour fausser le résultat.

Le gouvernement du Québec, dirigé par l’Honorable Lucien Bouchard, a eu la classe d’accepter le résultat, lui. On est démocrate ou on l’est pas…

***

Autre sujet de colère… Contre les maudits syndicats cette fois. Aujourd’hui, je suis arrivé en retard à un rendez-vous à l’hôpital Notre-Dame de Montréal. Je me suis excusé, expliquant que je ne trouvais pas de place de stationnement. La préposée qui m’accueillait, fort gentille, me dit: «vous êtes tout excusé. On connaît ça.»  «Au moins, vous, on vous fournit le stationnement n’est-ce pas?», ai-je répliqué.

Ben non, les places de stationnement sont distribuées «à l’ancienneté»! Moi je croyais que les places - rares d’ailleurs - se distribuaient au mérite, c’est-à-dire à ceux et celles qui habitent plus loin, ou qui ont charge d’enfants par exemple. Ben non: la sacrosainte ancienneté.

Comprenez-vous pourquoi les jeunes quittent le Québec, qu’ils vont travailler dans les hôpitaux de l’Alberta ou de la Colombie-Britannique, voire des États-Unis? Ils sont écoeurés, nos jeunes, de voir que les anciens se réservent tous les privilèges. Ils sont tannés d’attendre, les jeunes…

***

Pendant qu’on y est, j’en ai ras-le-bol de ces petites minorités, généralement des ‘baby boomers’ récemment installés à la campagne, qui font la guerre à toute forme de développement rural. Pas d’éoliennes dans ma cour. Au nom de quoi? Ceux qui cultivent cette terre depuis cent ans et plus n’ont-ils pas le droit de faire ce qu’ils veulent de leur terre. Et de leur paysage? Pour une fois que le vent peut rapporter quelque chose…

Le pire, c’est que cette petite minorité braillarde, peu appuyée par les mouvements écologistes d’ailleurs, se sont trouvés des gourous dans les journaux. C’est à vous décourager de vouloir entreprendre quelque chose. Moi j’ai beau être installé à la campagne depuis plus de cinq ans, ce qui est bien récent, et contribuer, dans mes modestes moyens, à la production vinicole de ma région et à sa vocation récréo-touristique, je me considère encore comme un invité ici.

Vous me direz, je suis habitué, je suis un immigrant! Je suis tout de même plus respectueux de mes voisins et de ceux qui m’accueillent que les petits baveux qui débarquent ici de leur condo du chic Plateau. Enfin…

Comme promis…

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Comme promis, voici le lien vers le site de Canoe et mon témoignage sur les derières mésaventures de Nathalie Simard. Une histoire bien triste qu’il faudrait s’interdire de juger.

Et pour ceux qui ne pourraient atteindre ce lien, j’en joins une copie complète. Bonne réflexion.

 Chronique | Michel Vastel

Il faut sauver Nathalie

MICHEL VASTEL
03/05/2008 07h36 

Dans quel état reverra-t-on Nathalie Simard et sa petite fille Ève ? Car elles reviendront sûrement au Québec. Ruinées. Seules. Nathalie ne refait pas sa vie en République dominicaine, elle la défait. C’est pour cela que j’en parle aujourd’hui : plusieurs de ses amis m’ont demandé de le faire. La réussite de Nathalie me tenait à coeur moi aussi. Et je ne m’inquiète pas pour rien…Quand j’ai appris que Nathalie Simard en était rendue à vendre les droits du Village de Nathalie, l’émission de télévision qui l’a en quelque sorte mise au monde, de même que la maison que l’impresario Guy Cloutier lui avait offerte en réparation des sévices qu’il lui avait fait subir, et ses meubles et ses affaires personnelles, j’ai compris qu’il se passait quelque chose de grave.J’ai eu envie de lui crier : «Mais qu’est-ce que tu fais là Nathalie ?»

Après s’être libérée de son passé de victime, voilà que Nathalie Simard soldait son avenir de femme libre. Heureuse, cette femme en fuite ? D’aucuns diraient «gravement malade dans son coeur et dans sa tête». Et ils ne seraient certainement pas loin de la vérité.

Beaucoup s’inquiètent aussi pour «la petite», sa fille Ève. Une petite fille qui a perdu ses amies de l’école secondaire du Verbe divin de Granby, et ses petites cousines, et se retrouve maintenant, dans une villa louée de la République dominicaine, seule avec un précepteur. Ce n’est pas ce qu’avait rêvé sa mère qui lui avait acheté un cheval pour profiter davantage encore de la grande maison de Granby et de la terre à bois qui l’entourait. Oui, je sais aussi qu’Ève a pleuré en quittant le Québec samedi dernier : l’une de celles qui a essuyé ses larmes me l’a dit.

Fondation sabordée

Ainsi, après avoir flambé la majeure partie de l’argent - une grosse somme — qu’elle avait devant elle depuis 2005, Nathalie Simard a sabordé la Fondation qui portait son nom. Puis, comme frappée d’une crise de rage contre elle-même et tout ce qu’elle a été, elle se dépouillait de tout ce qui aurait pu assurer son avenir et celui de sa fille.

La mère et l’enfant sont maintenant, à l’étranger, coupées de leur famille et de leurs amis, avec un compagnon, Lévis Guay, peu recommandable, qui a déjà eu des démêlés avec la justice.

«Cela ne lui ressemble pas, c’est pas Nathalie ça», dit son frère, Martin. «Il faudrait aller la chercher» !

C’est à cela que s’emploie un petit groupe d’amis qui monte actuellement un dossier sur «le gars», Lévis Guay, non pour embarrasser le couple ou nourrir d’autres manchettes, mais pour convaincre Nathalie et la petite qu’elles sont dans une situation dangereuse. Demain cette situation sera peut-être désespérée…

Car ce doit être une Nathalie profondément perturbée qui, après s’être battue pour obtenir réparation de l’homme d’affaires Guy Cloutier de l’exploitation, à la fois sexuelle et financière, qu’il lui a fait subir, solde maintenant tout ce qu’il lui reste de beau - et de monnayable ! - de son passé.

En vendant les droits du Village de Nathalie, c’est un peu sa robe de Nathalie qu’elle jette aux poubelles. Une robe qui a fait rêver toute une génération de petites filles. Et une robe qui faisait fantasmer un pervers de 40 ans qui la lui faisait porter lorsqu’il voulait la prendre.

L’émission avait tenu l’affiche au réseau TVA pendant trois ans, de 1985 à 1988 et avait attiré jusqu’à 700 000 et même 800 000 téléspectateurs. Du jamais vu encore dans l’histoire de la télévision privée québécoise. Et toutes les petites filles du Québec voulaient porter les mêmes robes que Nathalie, se faire faire la même coupe de cheveux. Un véritable mythe.

C’est Alain Desruisseaux, agent de Nathalie et qui se présente aujourd’hui comme son chargé d’affaires au Québec pendant qu’elle est absente, qui a «le mandat de signer la vente» de cette célèbre série. On pensait en tirer 3 millions $. Il semble bien que le couple Nathalie Simard - Lévis Guay se contenterait de la moitié. Mais quelle chaîne de télévision aura le cynisme d’acheter cette série pour faire rêver une autre génération de petites filles ?

Ses plus proches savaient

Depuis le début d’avril où la chanteuse a annoncé la fin prématurée de sa tournée - après seulement six spectacles - tout s’est précipité. Nathalie a surtout fait le vide autour d’elle. Ou on l’a fait pour elle… L’avocate remerciée. La directrice de la Fondation renvoyée. Les communications avec les amis filtrées par son nouveau compagnon, ou carrément coupées. Mais «l’exil» n’était pas si précipité que cela puisque le couple monnayait - à gros prix n’en doutons pas ! — l’exclusivité de son départ du Québec et de son installation à l’étranger…

Depuis la mi-mars, les indices se multipliaient. Quelque chose se tramait. «Elle avait coupé toutes ses pilules, surtout ses antidépresseurs», dit un parent. Dans ces conditions, on ne perd pas plus de vingt kilos en quelques semaines sans surveillance médicale. Nathalie l’a fait. «Je m’inquiétais pour sa santé», dit un ami qui réussit à la faire consulter. Le résultat fut assez alarmant pour que son frère, René, soit informé. Mais René et Nathalie ne se parlent plus. Alors d’autres frères ont tenté de s’en charger. En vain.

Certains disent qu’après tout cette femme a 39 ans, qu’elle est assez grande pour savoir ce qu’elle fait… Pire : d’autres pensent qu’on s’est assez occupé d’elle, qu’il serait temps qu’elle se prenne en main.

Mais non, Nathalie Simard n’était pas cette femme forte qu’elle semblait être devenue. Dans toute cette histoire, surtout depuis qu’on a fait des documentaires sur sa vie, enregistré des émissions spéciales avec des vedettes québécoises et françaises de la scène, qu’on l’a vue sur la scène du Palace de Granby ou du Théâtre Saint-Denis à Montréal, on a oublié qu’il s’agit d’une enfant arrachée de l’école à 13 ans, qui n’a pas eu d’enfance ni d’adolescence, jetée brutalement dans la vie d’une adulte violée sur un coin de lit de jeune fille.

Nathalie n’avait jamais, non plus, vu à ses propres affaires. Et lorsqu’elle a été émancipée de ses tuteurs, entre nous, elle n’avait pas beaucoup de talent pour choisir des professionnels qui veilleraient à ses intérêts.

Des liaisons dangereuses

Est-ce pour tout cela que, dès son premier mari et le père d’Ève, elle tombait si facilement sur des hommes au passé douteux qui, l’imaginant fort riche - s’ils avaient su ! - en voulaient à son argent. Lévis Guay est-il de ceux-là ?

Les indices déjà rassemblés par les quelques amis que la question préoccupe sont inquiétants. Je ne parle pas de cette poursuite de 2,3 millions $ intentée par l’ex-compagne de Lévis Guay, Audrey Sergerie. Cette poursuite est passablement farfelue : qui croira jamais que Nathalie Simard allait réussir à remplir 60 salles de spectacle en deux ans ? Et que ces spectacles produiraient 2 millions $ de profits ? «Si c’était vrai, il n’y aurait plus un seul artiste disponible au Québec, ils seraient tous sur la route !» lance à la blague un homme de spectacle qui réussit fort bien lui-même.

Quant au bris de contrat dont se plaint Mme Sergerie, comment en tenir Nathalie responsable puisque Lévis Guay était producteur du spectacle et que c’est lui qui a convenu avec Nathalie de «s’exiler» en République dominicaine ? En somme, l’associé de Madame Sergerie s’est sauvé avec la vedette de son propre spectacle ! D’ailleurs, un avocat au dossier affirme que «Lévis Guay, s’il le veut, a les moyens de faire tomber cette poursuite et surtout de faire lever le gel de tous les avoirs de Nathalie Simard». Mais pour cela, il devra se présenter en personne au Québec. Pour l’instant, le chargé d’affaires, Alain Desruisseaux, annonce une sortie spectaculaire des avocats du couple la semaine prochaine. Toute cette histoire de poursuite, comme les deux autres des ex-conjoints de Nathalie Simard, semble assez rocambolesque !

Faillites frauduleuses

Ce qui est bien réel par contre, c’est que le Monsieur Guay en question cumule les démêlés avec la justice depuis 1989 alors qu’il plaidait coupable d’incendie criminel et qu’il écopait d’une peine de 90 jours de prison.

D’accusations de faillites frauduleuses à de multiples infractions au Code de la sécurité routière, cet homme a un passé judiciaire chargé. Et il lui serait difficile de prétendre qu’il s’agit d’erreurs de jeunesse quand ses derniers démêlés avec la justice remontent à mai 2007 ! Il avait alors dû prendre l’engagement de garder la paix pendant un an.

Un proche de Nathalie s’est assez inquiété de ce qui pouvait lui arriver aux mains de cet homme pour alerter la Sûreté du Québec. Quand je vous dis que les proches de cette affaire imaginent le pire !

Tout cela me semble bien triste, presque irréel.

Triste encan

Faisons le bilan des dernières semaines : La Fondation Nathalie Simard, à laquelle Nathalie promettait de se consacrer «jusqu’à son dernier jour» : fermée brutalement. Cette maison qu’elle avait baptisée Hawwah - la femme qui donne la vie en hébreu —, la première grande maison qu’elle ait possédée et dans laquelle elle comptait choyer sa fille et passer du bon temps avec ses amis : vendue. Même ses meubles et ses objets personnels : mis à l’encan ! Mais que pensa-t-elle en voyant tous ces inconnus partir, qui avec un fauteuil, tel autre avec une lampe de chevet, celui-ci avec des serviettes de toilette et celui-là avec sa première guitare ? «Une aubaine», disaient les gens en repartant avec un morceau de son intimité ! Et puis maintenant, tous les droits sur ces émissions dont elle me montrait fièrement les épisodes il y a deux ans : vendus, ils seront diffusés n’importe où et n’importe comment…

«Elle aimait tant sa vie, sa ferme, sa fondation», dit encore Martin Simard. L’invraisemblable est encore arrivé. Mais cette fois, elle ne jouira pas de la sympathie du public qui la soutenait depuis le 26 mai 2005, ce jour où elle était entrée dans la vie collective des Québécois. Elle avait rompu depuis longtemps avec tous ceux, si nombreux, qui l’avaient aidée à raconter son histoire, aux policiers, au procureur de la Couronne, au juge, à tous ceux qu’elle avait surnommés «ses anges». Elle avait même pris ses distances avec la Fondation bien avant que, devenue seule maîtresse à bord, elle ne la saborde.

«Pauvre fille», diront ceux qui ne l’ont jamais aimée. Ou jamais crue, ce qui est pire. «Pauvre femme», diront tous ceux qui ont cru en elle. Quelques-uns riront-ils de ses déboires, chuchotant quelque chose comme : «Je vous l’avais bien dit…» ?

«Faites-lui comprendre que beaucoup de gens tiennent encore à elle», me dit justement l’une de ces amies à qui elle ne parle plus et qui ne lui en veut pas…

Il y avait un jardin, chantait encore tout récemment Nathalie avant de se laisser enlever. Mais le jardin est en friche et retournera bientôt à un long hiver…

Pôvres de nous…

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Non je ne vous ai pas abandonné! Il se trouve que je fus très pris cette semaine à tenter de débrouiller l’ivraie du bon grain dans le jardin de Nathalie Simard. Je promets de vous en reparler demain samedi, après que les lecteurs du Journal de Montréal et de Québec en auront eu la primeur.

Je trouve cependant que vous commencez à tourner en rond dans votre débat sur les prix du pétrole et du gaz naturel. Pour vous permettre de patienter, pour vous dérider ou vous déprimer encore plus, voici un sondage que me faisait parvenir Angus Reid hier.

Que les médecins, les policiers et les instituteurs voguent haut dans l’estime des Québécois, cela ne me surprend pas. On tient toujours en haute estime ceux que l’on craint. Mais qu’ont les Québécois contre les prêtres dont la cote de popularité est tombée de 61 à 58 %.

Je sais, je sais, vous me direz que les journalistes ont la même cote à 58 %, la même que celle des curés certes, mais la plus élevée de toutes les provinces du Canada. Mais que dire des politiciens que les Québécois estiment dans une proportion de 35 %,  le meilleur score de tout le Canada tout de même. «Nous» les aimons bien nos politiciens. Cela doit être les politiciens libéraux qui ont fait remonter leur cote de popularité au Québec. N’est-ce pas?

À demain

Cocus et contents!

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Je vous en ai parlé le 24 avril, et puis le 4. Nous nous sommes faits dépouiller une première fois lorsque Brian Mulroney a démantelé le Programme énergétique national. Puis Lorsque Jean Chrétien et les autres ont vendu Petro-Canada.

Petro-Canada est devenue une vache à lait, et cette source incroyable de richesse n’est pas prête à se tarir. Quand je vois, comme ce matin, que le profit dépasse le milliard de dollars, pour un seul trimestre, je me dis que nous sommes une belle bande de caves d’avoir vendu cela. Une rente de quatre, puis de six, puis de huit milliards de dollars par année, c’est ce que nos gouvernements ont laissé aller. Voilà, j’espère, qui convaincra les partisans de la privatisation d’Hydro Québec de se calmer le pompon.

Puis cette autre nouvelle me réjouit dans une certaine mesure. Terre-Neuve va réaliser un excédent budgétaire d’au moins 500 millions et probablement d’un milliard de dollars. Quand on pense qu’il y a 30 ans, Terre Neuve c’était le tiers monde. Et puis l’or noir a jailli du large des côtes. L’argent fédéral est rentré pour mettre en exploitation les nouveaux gisements comme celui d’Hibernia. C’est nous qui avons financé ça.

Et des économistes prédisent que l’Ontario commencera à se qualifier pour des paiements de péréquation dans deux ans! Le monde à l’envers! Je le dis et le redis depuis longtemps: l’or noir va détruire ce pays.

J’en parle mais j’ai le sentiment que les Québécois s’en foutent. Les niaiseux, plutôt que de remettre en cause cette exploitation éhontée des pétrolières, disent qu’il faut rouler en bicyclette, ou aller travailler à pied. Je veux bien, mais ce n’est pas toujours possible. Et le chauffage au mazout, lui, qu’est-ce qu’on fait avec ça.

J’ai parfois l’impression que les Québécois, perdus dans leur rêve vert et grano, voudraient qu’on brûle nos voitures, qu’on coupe le chauffage, qu’on réduise à une heure par jour l’électricité qui serait produite à l’éolienne bien entendu. Et pour ne pas mourir de froid, on pourrait toujours se couvrir de peaux de bêtes… Si on nous permet encore de les chasser.

Les Québécois sont-ils des cocus contents? Quand allons -nous nous révolter contre toutes les formes du capitalisme sauvage? Car les compagnies pétrolières, elles aussi, se livrent à du capitalisme sauvage…

Mon mois de mai 68

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L’actualité, le 15 mai 2008

Mai 68 fut le mois le plus long de l’histoire de France, pendant lequel ma génération a vécu une révolution pas aussi tranquille que celle des Québécois.

J’avais passé l’âge des sit-in sur les marches des universités. Je travaillais au pays des Ch’tis, un coin de la France qui ressemblait davantage à un roman de Zola qu’à une chanson de Léo Ferré. J’étais jeune journaliste dans l’agglomération de Lille-Roubaix-Tourcoing lorsque les grèves de Mai 68 ont éclaté.

Des grèves ? Nous n’étions pas habitués à cela dans les usines textiles. Celles-ci étaient généralement la propriété d’entreprises familiales. Pour donner une idée de l’ambiance qui y régnait, au début de chaque année, les ouvriers et les ouvrières défilaient devant le patron, qu’ils appelaient par son prénom : « monsieur Paul » ou « monsieur Roger ». Et le patron connaissait lui aussi le prénom des plus anciens.

Ce n’était pas comme dans les mines de charbon dela Somme et du Pas-de-Calais, toutes proches, où les syndicats — généralement communistes — maintenaient un climat de conflit. Ces syndicats avaient un vieux compte à régler avec les pouvoirs publics : cinq ans plus tôt, alors que les mineurs étaient en grève, le président de

la République avait décidé de réquisitionner les mines, tout simplement ! Il fit même intervenir l’armée, et il y eut quelques morts.

Mais des morts, il y en avait régulièrement à cette époque. Quand les ouvriers, dans leurs salopettes bleues, descendaient dans la rue, ils faisaient face aux CRS — des policiers appartenant aux fameuses Compagnies républicaines de sécurité —, véritable corps d’élite prompt à utiliser la matraque, la grenade lacrymogène, et le coup de fusil à l’occasion. Ces paramilitaires étaient de toutes les manifestations, et depuis le début des années 1960, il y en avait beaucoup en France.

Les chantiers navals, les mines et la sidérurgie étaient particulièrement touchés par la mise en place dela Communauté européenne du charbon et de l’acier. Les grèves éclataient partout, mais sans grand résultat. Et on connut les premiers attentats des mouvements indépendantistes — de Bretagne d’abord, puis de Corse. Dans les universités, les étudiants s’organisaient derrière leurs leaders, qui s’appelaient Alain Krivine, Daniel Cohn-Bendit, Alain Geismar et… Jean-Paul Sartre, lequel avait refusé le prix Nobel de littérature en 1964.  Bref, depuis des années, on avait l’impression que la France craquait de partout, pendant qu’au Québec, en juillet 1967, le général de Gaulle faisait une tournée triomphale, projetant au-delà de sa personne une image de

la France qui n’existait déjà plus. L’agitation dans les lycées et à la faculté de Nanterre, l’occupation dela Sorbonne, à Paris, les nuits de barricades et les voitures renversées et incendiées ? La télévision — en noir et blanc — n’en était qu’à ses premiers balbutiements, et les images de l’agitation parisienne n’avaient guère d’incidence loin de Paris.

C’est pourquoi le mouvement de grève fut lent à démarrer dans le Nord. Tant qu’il ne touchait que les fils de bourgeois qui fréquentaient les universités, seuls les journaux parisiens s’y intéressaient. « Il faut que jeunesse se passe », semblait-on dire en province. Certes, il y eut des dizaines de blessés et même deux morts à Paris, mais on avait régulièrement vu pire. Le mois de mai était déjà à moitié écoulé, et c’est bien progressivement que des étudiants, puis des paysans, se joignaient aux manifestations des ouvriers en grève. Ce sont les occupations d’usines — en particulier chez Renault — qui ont commencé à paralyser la France. Dans les secteurs industriels comme le textile et le vêtement, peu enclins à l’agitation syndicale, beaucoup de patrons facilitèrent la fermeture de leurs usines pour éviter la casse ou pour suivre le mouvement général.

Ces fermetures et les occupations qui s’ensuivaient ont soudain révélé des milieux de travail qui évoquaient Germinal. Dans le Nord, on a découvert quelques usines qui employaient des ouvriers clandestins venus d’Afrique ou du Maghreb. Un bâtiment désaffecté servait de dortoir, dans lequel on apportait aussi les repas. Ces ouvriers travaillaient six jours par semaine, parfois 12 heures par jour, avec interdiction de sortir le septième jour.

Oui, c’était cela aussi,la France de 1968. En étalant au grand jour tout ce qui n’allait pas dans ces usines, on montrait du doigt les patrons. Et « monsieur Paul » ou « monsieur Roger » faisait son mea-culpa, prétendant bien souvent ne pas être au courant de tout ce qui se passait dans son usine. Certains employeurs finissaient même par avoir des remords ! Je me souviens de ce patron qui revenait d’une fin de semaine passée dans sa propriété de bord de mer. Il avait ramené un grand sac de ces délicieuses petites crevettes grises que l’on mange, avec une bière, dans les bistrots d’Ostende, en Belgique. Il remit le sac aux ouvriers qui assuraient le piquet de grève, et tout le monde se serra la main!

Mais pourquoi faisait-on la grève en mai 1968 dans ce que Jean-Pierre Raffarin nommera plus tard « la France d’en bas », cette province dont les Parisiens parlent souvent avec mépris ? Cela n’avait rien à voir avec Trotski ni Mao, dont on lisait les écrits sur les marches des facultés de Paris. Chez les Ch’tis, il n’y avait pas de slogans du genre « Il est interdit d’interdire » ou « Soyez réalistes, demandez l’impossible » ! Et même s’il y avait beaucoup plus de pavés sur les routes du Nord que sur les boulevards de Paris, les manifestants ne les arrachaient pas pour les lancer dans les vitrines ou en faire des barricades.

Dans le nord dela France, région en plein déclin qui n’intéressait ni les pouvoirs publics ni les investisseurs, on broyait tout simplement du noir. Dans l’Ouest, c’était l’agitation paysanne qui provoquait le blocage des routes. Un peu partout en province, les usines fermaient pendant quelques jours et les ouvriers retournaient au travail sans avoir rien obtenu.

Cela durait ainsi depuis une dizaine d’années. La France avait perdu la guerre d’Algérie. La décolonisation avait réduit les approvisionnements en coton au point que des pans entiers de l’industrie textile, de la filature à la confection de vêtements, étaient condamnés. Le général de Gaulle, mis au pouvoir par l’armée, se servait d’elle pour mater les grèves. Pour cet homme de droite, les manifestations, c’était « la chienlit ». Pendant qu’une manifestation monstre organisée par le Parti communiste paralysait Paris, le premier ministre, Georges Pompidou, faisait défiler des chars d’assaut dans les banlieues.

C’est à ce moment-là que le général de Gaulle se réfugia en Allemagne, chez son ami le général Massu, pour préparer ce que la gauche appellera plus tard son « coup d’État ». Car tout a failli basculer alors. Les ouvriers étaient toujours dans la rue et ne savaient plus trop pourquoi. Ils attendaient de leur syndicat un mot d’ordre qui ne venait pas. Pendant deux jours, les 28 et 29 mai,

la France a frôlé la guerre civile. Dans toutes les villes, il y avait encore des entrepôts d’armes pour la défense civile, un reliquat des guerres du début du siècle. Les armes et les munitions étaient bien réelles, et certains maires, avec l’aide des policiers locaux, avaient commencé à les distribuer à des comités de salut public, spontanément créés par des anciens combattants et des militants de droite fatigués des grèves générales. Le danger était grand que ces groupes s’en prennent aux manifestants.  Des négociations qui se déroulaient au ministère du Travail, rue de Grenelle, donnèrent heureusement les fameux « accords de Grenelle », prévoyant une augmentation de 25 % du salaire minimum. Et même si ces accords ne furent jamais signés, les patrons convinrent spontanément que les salaires devraient augmenter, en moyenne, « d’au moins 10 % ». Le Parti communiste et les centrales syndicales ordonnèrent enfin le retour au travail.

Certains syndicats résistaient, cependant, et les occupations continuèrent : trois semaines après la fin du mois de mai 68, un affrontement entre les ouvriers de Peugeot et les CRS, dans l’est de la France, fit deux morts. Quant à Charles de Gaulle, dont le retour à Paris est salué par un énorme défilé de la droite — on a parlé d’un million de personnes — sur les Champs-Élysées, il dissout l’Assemblée nationale. Des élections sont organisées et il est réélu à la fin de juin, avec une majorité écrasante. Pourtant, c’était déjà sa fin : moins d’un an plus tard, le général démissionnait, après qu’une majorité de Français eut dit non à son projet de régionalisation et de réforme du Sénat. Le gaullisme lui survivra toutefois 13 années de plus! Il ne manque pas d’historiens pour dire que Mai 68 s’est terminé, en fait, le 10 mai 1981, avec l’élection de François Mitterrand à la présidence dela République et d’une majorité de députés socialistes à l’Assemblée nationale. Cela aura pris une vingtaine d’années, après la fin de la guerre d’Algérie, pour changer

la France : c’est long pour un événement dont un seul mois a marqué la mémoire des générations qui ont suivi…

À LIRE : 68, une histoire collective (La Découverte, 2008). Une anthologie de 847 pages écrite par 59 auteurs et historiens, sous la direction de Philippe Artières et de Michelle Zancarini-Fournel. Très complète, originale dans sa facture, facile à lire. À recommander au Conseil du patronat et aux grandes centrales syndicales du Québec !

 VOIR: Le film Bienvenue chez les Ch’tis.

Calculez puis gueulez…

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J’en ai ras-le-bol de voir certains journalistes annoncer les augmentations du prix de l’essence à la pompe sans se poser une seule question. Ni même poser une seule question au valet de chenil de l’Institut canadien des produits pétroliers, le très inutile Carol Montreuil.

Un exemple de question: le prix du baril de pétrole est affiché en dollars américains. Cela devrait-il faire une maudite différence quand le dollar canadien est à parité avec le dollar américain, plutôt que 70 ou 80 sous comme ce fut si longtemps le cas? bien sûr que oui!

Plutôt que de vous faire de longs discours, je vous donne cette petite calculette, inventée par le Canadian Center for Policy Alternatives. C’est bien fait, rapide et facile à utiliser. Alors allez-y, calculez de combien vous vous faites voler, et revenez nous faire part de vos commentaires…

Vous avez le droit de gueuler un bon coup!

Débarrassez-nous de cette racaille!

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Monsieur Sarkozy, où êtes-vous?

Ce billet n’est pas politiquement correct. Il ne prétend pas l’être. Il sera même tout le contraire de la rectitude. Délibérément…

Les réactions au grabuge de lundi soir à Montréal illustrent une fois de plus qu’il y a deux Québec: celui de Montréal donc celui des élites politiques et des grands médias dits-nationaux; et celui du Québec hors Montréal, le Québec du vrai monde, un Québec non contaminé par les Chartes des droits et par les discours lénifiants de nos dirigeants.

Et une fois de plus, le seul chef qui a réagi comme le Québec profond est Mario Dumont. « Les policiers auraient dû baisser la  visière et brandir la matraque», a dit le chef de l’Action démocratique. Un vrai chef. Comme Sarkozy. Comme Pierre Trudeau autrefois.

Un exemple parmi d’autres. Un résident de mon village, brave citoyen rangé qui gagne sa vie en vendant des portes et des fenêtres aux fermiers du coin, s’est spontanément écrié devant les images de la télévision: «pourquoi la police, dans ses hélicoptères, ne tire-t-elle pas dessus du haut des airs?» Un peu excessif sans doute mais sa femme a bien résumé la situation: «Les voyous, les autochtones, la police n’arrête plus personne!» C’est cela le ras-le-bol des braves gens. Oui, des braves gens!

La police s’excuse. Elle a été prise par surprise. Et le maire, Gerald Tremblay, qui la félicite! Mais de quoi mon Dieu?

Notre police est paralysée depuis qu’elle est dirigée par des théoriciens intriguants, devenus chefs pour des raisons politiques et non pour avoir fait du terrain avec les troupes. Cela a commencé avec Jacques Duchesneau.

C’est la même police qui est restée aux portes de l’École polytechnique plutôt que de foncer et neutraliser le meurtrier, mettant fin au carnage. Combien de vies n’ont pas été sauvées ce jour-là à cause de ces nouvelles théories policières apprises dans les livres? Lundi soir, les policiers de Montréal se sont comportés comme une compagnie de sapeurs pompiers qui regarderait brûler un pâté de maisons avant d’intervenir.

Les policiers ont le devoir d’intervenir, de foncer dans la foule et de matraquer les jeunes voyous. Ils le feraient au péril de leur vie? Eh bien, je le dis, cela fait partie des risques de leur métier. Regardez les voyous, ils sont faciles à distinguer de la foule des vrais amateurs de hockey. C’est écrit «casseur» sur leur visage et ils ne portent pas le chandail du Canadien, eux. Ils se contentent de le voler après avoir défoncé une vitrine.

De la racaille je vous dis! «Je vais vous en débarrasser» avait promis Nicolas Sarkozy, alors ministre de la police. Ici, notre police va revoir ses méthodes…

Quant aux honnêtes citoyens de la région de Montréal, ils ont le devoir de dénoncer à la police, le nom et l’adresse de la racaille qu’ils reconnaissent sur les photos des journaux ou sur des sites Internet. Ce n’est pas de la délation. C’est une opération de salut public.

L’appel au pardon de Benoît XVI

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La visite du chef de l’Église aux États-Unis et aux Nations-Unies a connu un grand succès. Le thème du pardon était omniprésent.

Le pardon de l’Église pour les actes d’agression sexuelle commis par certains de ses représentants américains. Une rencontre «imprévue» avec des victimes, dans la chapelle de la nonciature apostolique de Washington, a été très bien reçue.

Puis le pape a appelé les familles des victimes du 11 septembre 2001, et au-delà de ces gens, tout le peuple américain à pardonner elles-mêmes aux terroristes. C’est du moins ainsi que le phrase suivante a été comprise: «Dieu d’amour, de compassion et de salut (…) ramène à l’amour qui te guide ceux dont les coeurs et les âmes sont consumés par la haine…» [On peut lire le texte intégral de la prière de ce matin à Ground zero dans la traduction officielle du Vatican].

Je pense que c’était un appel nécessaire, que seul le chef de l’Église pouvait lancer. J’en avais moi-même parlé en septembre 2001 après les attentats. Fallait-il prier pour les pirates d’Al Qaïda qui avaient détourné les quatre avions américains? Bien sûr que oui. Mais cela ne paraissait pas évident alors. Voici ce que j’écrivais à ce moment-là dans Le Soleil et deux autres journaux de Gesca:

«Je me suis souvent interrogé sur le comportement de nos chefs politiques qui se réclament, dans leurs biographies officielles, d’une religion - en majorité catholique d’ailleurs - mais n’en témoignent jamais en public. Au Parlement d’Ottawa, on a ainsi supprimé la prière qui inaugurait toutes les séances. On peut comprendre cela. On l’a remplacée par une minute de silence… ” Espérons qu’ils ont pensé à prier pendant cette minute de silence ! ” me dit alors l’impertinent cardinal Jean-Claude Turcotte, de Montréal. Il n’y a pas eu beaucoup de références au pardon dans les services oecuméniques qui ont rassemblé des centaines de milliers de Canadiens en septembre 2001. Comme si Dieu ne pouvait apporter rien d’autre que de la compassion pour les victimes. Le pardon pour les bourreaux - Jésus, Gandhi, Martin Luther King en ont donné l’exemple - c’est pourtant ce qui fait de l’Homme ” un ange déchu qui se souvient des cieux “. Le cardinal Turcotte reconnaissait alors la responsabilité des États et de leurs dirigeants d’assurer la sécurité des citoyens et de punir les coupables. Ce qui l’inquiétait, cependant, c’était la spirale de la violence dans laquelle les membres du Parlement, unanimement, se laissaient entraîner…»

Cela ne nous a pas empêché de fermer les yeux sur l’invasion de l’Irak. Et nos parlementaires ont voté l’envoi de troupes en Afghanistan où le nombre des victimes civiles, donc innocentes, a dépassé depuis longtemps celui des victimes du 11 septembre 2001. Peut-être devrions-nous inventer une nouvelle prière qui commencerait ainsi: «Au nom de la Croix, du Croissant et de l’Etoile»… Une prière pour la Paix bien sûr!

De Claude Dubois à Guy Carbonneau

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La Canadian Broadcasting Corporation a un autre problème existentiel: le diffuseur officiel de «Hockey Night in Canada» risque de se retrouver, dès ce soir, avec une seule équipe canadienne dans les séries éliminatoires de la Coupe Stanley. Jusqu’ici ça peut aller mais voilà que la dite équipe est le Canadien de Montréal… Quelle horreur! C’est aussi désolant que d’être obligé de diffuser le passage de Claude Dubois au gala du Panthéon. Paraît que le français choque les oreilles plates des têtes carrées.

Depuis plusieurs années, la CBC a la «chance» que les trois équipes canadiennes qui faisaient les séries soient Ottawa, Calgary ou Edmonton, l’une de celles-ci se rendant jusqu’en finale, alors que Montréal n’était jamais là. C’était le bonheur total… Cette année, je ne serais pas surpris que le «Go» de «Go Habs Go» prenne bientôt un tout autre sens!

Mais comme CBC ne peut tout de même pas s’empêcher de diffuser la Soirée du hockey, ses dirigeants se prennent à espérer que les Pingouins de Pittsburgh tiennent plus longtemps que leCanadien de Montréal - Oups! les Penguins de Pittsburgh, excusez… - à cause de Sidney Crosby. Pour CBC et les anglais de Toronto, les Pingouins constituent pratiquement une équipe canadienne à cause de la présence de Crosby. Un professeur de l’université de Toronto espère que si les Canadiens sont éliminés, Pittsburg restera dans la course plus longtemps.

La pauvre CBC se plaint que le Réseau des Sports (RDS) lui rentre dans le corps: de 1,7 à 2,3 millions de téléspectateurs alors que le réseau anglais - dans un marché trois fois plus grand - n’a jamais fait mieux que 1,5 million. Et les analyses de se multiplier. Est-ce à cause du français? Impossible, les francophones étant aussi partagés entre Le Banquier et Tout le monde en parle.

Une explication plus sérieuse semble être celle-ci: CBC passe l’année à vanter les mérites (?) des Maple Leafs de Toronto, parce que cela fait plaisir à son plus gros marché, celui de Toronto. Maintenant que les «Feuilles d’érable» ne se sont pas qualifiées pour les séries, le gros épais et mal embouché commentateur de CBC, Don Cherry -  obligé de venir à Montréal pour commenter les parties, imaginez! - le Don Cherry en question passe son temps à vanter les mérites de… Boston! Même que des lecteurs de la Gazette s’en plaignent. Après ça, CBC s’étonne de se faire damer le pion par RDS!

* * *

Et pendant qu’on y est…

 Un lecteur de Québec, Louis Paré,  me fait parvenir l’échange de correspondance qu’il vient d’avoir avec le Parti libéral Canada. Il regrette dans sa lettre que « le Parti libéral de Stéphane Dion vote en faveur de tous les projets de loi du gouvernement Harper (…) Pour qui me suggérez-vous de voter aux prochaines élections? » Bonne question en effet et qui mérite réponse.

L’homme de Québec a effectivement eu sa réponse, neuf heures plus tard… Mais en anglais, avec liens électroniques au site anglais du Parti libéral… “ Rest assured that under our Leader Stéphane Dion, we are working to provide Canadians with a strong, united and principled alternative to Stephen Harper’s overnment. A richer, fairer and greener Canada is at hand…” Go Steph Go!