Mercredi dernier, alors que le projet de loi privé C-517*, dont le but était de rendre obligatoire l’étiquetage des OGM au Canada, était rejeté par nos parlementaires à 156 voix contre 101, les OGM faisaient la Une dans la presse belge pour une question d’étiquetage.
La coïncidence est intéressante et mérite d’être discutée. Sur la question de l’étiquetage, l’Union Européenne, et de ce fait, la Belgique, on déjà fait le pas que refuse de faire le Canada. La Belgique se demande s’il faut faire un pas de plus.
Dans son édition de mercredi, le quotidien Le Soir titrait : «Le bétail belge est gavé aux OGM» et se demandait s’il fallait imposer l’étiquetage de la viande obtenue de ce bétail. Le problème relevé est le suivant : En Belgique, la quasi-totalité du soja contenu dans les aliments, que ce soit pour notre consommation ou celle des animaux, est transgénique. Ainsi, le bétail belge est gavé de soja transgénique.
Et si l’Union européenne oblige, depuis 2003, ses États membres à étiqueter tous les OGM ou produits contenant des OGM (mesure que le Canada vient tout juste de rejeter), elle exclut toutefois l’obligation d’étiqueter la viande, le lait ou les œufs obtenus à partir d’animaux nourris avec des OGM. Mais si la législation européenne n’impose pas cet étiquetage, les États membres ont quant à eux la possibilité de légiférer en ce sens, ce qu’a fait l’Allemagne, où l’on pourra trouver sur un paquet de viande la mention «animal nourrit sans OGM». Certains politiciens belges, devant le problème du bétail aujourd’hui révélé, voudraient suivre l’exemple de l’Allemagne.
L’Europe et la Belgique sont craintives face aux OGM. Résultat, on en discute et la question se trouve souvent débattue dans la presse. Plus tôt cette semaine, Le Soir faisait état d’un essai en plein air de peupliers OGM dont le bois serait rendu moins rigide par une modification génétique, pour produire du biocarburant à plus faible coût. Certains politiciens et organismes s’opposent à l’expérimentation qu’ils estiment dangereuse.
De plus, le ministre belge de l’Énergie et du Développement durable vient tout juste d’initier le «printemps de l’environnement», vaste processus de consultation publique, pendant lequel sera débattue la position belge sur les OGM.
La comparaison entre le Canada et la Belgique sur cette question atteste de la divergence de mentalités. La Belgique parle OGM pendant qu’à Ottawa, nos débutés ont clos le débat.
*Déposé par un député du Bloc québécois, le projet de loi a été débattu le 3 avril dernier et a été rejeté le 7 mai dernier.
