L’obsession des vacances

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Si nous étions collectivement plus heureux au travail, nous serions moins obsédés par les vacances. J’en suis convaincu. À ce propos, je relisais récemment un texte marquant de l’anthropologue Serge Bouchard, paru dans Le Devoir en 2001 mais toujours d’une criante actualité. Permettez-moi d’en reproduire quelques lignes :
«Il faut que nos vies soient bien dures pour attacher une si grande importance aux vacances. Jamais, peut-être, le monde n’aura traîné pareille fatigue, Nous sommes riches comme personne ne l’a été avant nous. Nous sommes à l’aise, bien intentionnés, nous sommes bons. Nous devrions crier de joie, chanter notre bonheur, publiciser le paradis terrestre. Mais non : nous traînons notre lassitude comme un poids que nos ancêtres eux-mêmes n’auraient pas porté, eux qui bûchaient à la sciotte, lavaient les couches à la main, marchaient d’une place à l’autre, se faisaient souffrir dans des usines plates à mourir. Dans ma petite enfance, je n’ai pas souvenir d’avoir entendu mon père parler de vacances. Il gagnait nos vies (…). Il me semble que si nous vivions dans la paix le mot vacances n’existerait pas, puisque je vois mal quelqu’un prendre congé de son bonheur.»
Comprenez-moi bien. Je ne doute pas des bienfaits des vacances. Il est toujours sain, tant pour le corps que l’esprit, de décrocher. J’étais d’ailleurs inquiet en lisant dans La Presse de ce matin que 25 % des Québécois affirment devoir travailler pendant leurs vacances. Chez les travailleurs scolarisés, la proportion grimpe considérablement. Plus de 37% d’entre eux continueront de répondre à leurs courriels, de lire des documents et d’effectuer d’autres tâches professionnelles pendant leurs vacances. Impossible de sevrer ces intoxiqués du boulot, ne serait-ce que deux semaines par année.
Je m’inquiète toutefois davantage de voir à quel point les gens deviennent de plus en plus obsédés par les vacances. Dans les ascenseurs des édifices à bureaux, c’est le sujet de conversation par excellence, de mai à août. «Il te reste combien de temps avant les vacances?», demande l’un. «Plus que 12 jours», soupire l’autre, sur le ton du prisonnier qui attend sa libération. Il partira en vacances comme un soldat part en permission.
On ressent aussi de plus en plus, me semble-t-il, la pression de «réussir» ses vacances. Une sorte de compétition existe. Qui fera le plus beau voyage? Qui aura les vacances les plus longues, les plus exotiques? On regarde d’ailleurs avec pitié celui qui vous confesse qu’il demeurera à la maison, un roman à la main.
Sur ce, je vous souhaite d’excellentes vacances! Merci à Jacques Noël, Geneviève Lefebvre (mille fois merci, je suis encore tout rouge!), Raymond Campagna, Bertrand L., Robert Léger, Yves Poirier, Francine Petit, Claude R., Yvon Fleurent et tous les internautes qui enrichissent régulièrement ce blogue par leurs commentaires judicieux.
Je m’efface à mon tour. Au plaisir de vous retrouver!

McCartney et les paradoxes québécois

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La venue de Paul McCartney à Québec dans le cadre des célébrations du 400e suscite une controverse de plus en plus vive et on le comprend aisément. Inviter un Anglais pour souligner 400 ans de présence francophone choque inévitablement une partie de la population. Sir Paul a beau être l’une des figures les plus célèbres du XXe siècle et l’un des plus grands mélodistes de l’histoire de la musique populaire, il reste qu’il chante en anglais.
J’entendais Michel Rivard, récemment, évoquer en guise de modèle le grand spectacle «J’ai vu le loup, le renard, le lion», qui avait réuni sur une même scène, en août 1974, dans le cadre de la Superfrancofête, Félix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois. Le sculpteur Luc Archambault, qui dénonce aussi la venue de Paul McCartney et la «canadianisation» des Fêtes, cite aussi en exemple ce spectacle historique qui avait réuni 125 000 personnes sur les Plaines d’Abraham. C’est le genre de tour de chant qu’il aurait souhaité pour les 400 ans de Québec.
Tant Michel Rivard que Luc Archambault pèchent par excès de nostalgie et oublient le contexte bouillonnant de l’époque. En 1974, quand Vigneault, Félix et Charlebois chantaient sur les Plaines devant une mer de fleurdelisés, un vent de changement soufflait sur le Québec. Le pays de Vigneault semblait alors à portée de main, il y avait de l’électricité dans l’air, un grand élan animait la société entière. Les babyboomers, alors dans la fleur de l’âge, affirmaient leur identité et travaillaient à refaire le monde. Deux ans plus tard, le Parti québécois allait être porté au pouvoir et le Québec allait être dirigé par la meilleure équipe ministérielle de son histoire…
S’imaginer recréer un spectacle aussi chargé de sens, aussi annonciateur, aussi mobilisateur que «J’ai vu le loup, le renard, le lion» en 2008 relève de l’utopie.
On ne peut pas «inventer» un contexte historique, malgré le prétexte du 400e anniversaire de la présence francophone en Amérique. Le Québec a bien changé depuis 35 ans. À preuve? Les deux groupes les plus populaires, au Québec, sont constitués de musiciens francophones qui chantent en anglais… L’entourage de l’ex-Beatle McCartney a d’ailleurs été bien surpris de prendre connaissance de ce paradoxe bien québécois, révélait Le Devoir cette semaine.
Deux groupes originaires de la très francophone ville de Québec, en effet, trônent cet été au sommet du palmarès des ventes de disques à l’échelle du Québec. Il s’agit des Lost Fingers, de fort sympathiques musiciens qui reprennent à la sauce manouche des chansons anglophones des années 1980 comme Billy Jean, et du Pascale Picard Band, un groupe qui chante aussi en anglais.
Essayez d’expliquer cela à un étranger. On ne veut pas d’un artiste, fût-il légendaire, parce qu’il chante en anglais. Mais les groupes de l’heure, au Québec, sont composés de musiciens francophones qui chantent eux-mêmes des textes anglais…
Quand McCartney chantera Yesterday devant des dizaines de milliers de babyboomers vieillis, ramollis et raisonnables, ces derniers penseront sûrement avec émotion à leur jeunesse, au temps de la Superfrancofête et des grands rêves des années 1970. Au fond, la présence de l’ex-Beatle sexagénaire sur les Plaines en 2008 en révèle peut-être autant sur l’état de la société actuelle que le spectacle «J’ai vu le loup, le renard, le lion» en disait sur le Québec des années 1970.

La France, la burqa et la citoyenneté

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Tiens, tiens… Une Marocaine de 32 ans, mariée à un Français et mère de trois enfants nés en France, s’est vue refuser la nationalité française. Motif, selon un arrêt du Conseil d’État? «Elle a opté, au nom d’une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment le principe d’égalité des sexes.» En clair, elle porte la burqa, ce vêtement qui masque entièrement la femme, à l’exception des yeux.
C’est la première fois, rapporte Le Monde, que le Conseil d’État prend en compte le niveau de pratique religieuse pour se prononcer sur la capacité d’assimilation d’une personne étrangère.
Bref, on ne peut pas devenir française quand on porte la burqa, symbole de ségrégation entre les hommes et les femmes, a statué la haute juridiction.
La Marocaine de 32 ans, Faiza M., se serait présentée en burqa lors de ses entretiens avec les services sociaux et la police pour sa demande de nationalité. Le couple reconnaît appartenir au salafisme, un courant rigoriste de l’islam fondé sur une lecture stricte et littérale du Coran.
Fait à signaler : les politiciens de gauche et de droite s’entendent pour approuver la décision du Conseil d’État. Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, s’est félicité de la décision. Il juge qu’elle correspond «à une bonne application de la loi».
Sur la question de la place de la religion dans la société, il y a plus qu’un océan qui sépare le Québec de la France…

Faut-il tirer la chaîne?

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Je viens de terminer un numéro particulièrement percutant de la revue Argument consacré à Radio-Canada. La revue (à ne pas confondre avec «magazine») québécoise Argument, pour ceux qui ignorent son existence, publie des essais sur la politique, l’histoire, la société et la culture. J’en recommande vivement la lecture.
Dans cette édition intitulée «Faut-il tirer la chaîne?», des intellectuels, dont l’écrivain André Major et le philosophe Michel Seymour, dénoncent la dérive de Radio-Canada. Ils s’en prennent plus particulièrement à l’obsession de la société d’État à niveler par le bas, à cette énergie que déploie Radio-Canada à effacer le souvenir de sa naissance élitiste, à l’espace de plus en plus restreint accordé à la haute culture.
Un professeur de sciences politiques à l’UQAM, Marc Chevrier, donne le ton, dans un éditorial qui prend la forme d’un vibrant pamphlet :
«Il appert que plus rien n’arrête la société d’État, pas même sa mission supposée d’éducation et d’information, dans la course effrénée aux cotes d’écoute, dussent les émissions d’affaires publiques et de haute tenue passer à la trappe ou être reléguées à d’improbables créneaux horaire. On connaît la métamorphose : un roitelet-soleil s’est levé sur le monde, Guy A. Lepage, et éclipse de ses facéties les Beaux Dimanches, les émissions Second Regard et Zone Libre entrent en quarantaine, un Peter Pan infomane impose ses ganacheries, Radio-Canada liquide sa chaîne radio culturelle au profit d’une version jazzée transgenre, les téléromans érotico-savonneux font la gloire des antennes, etc. Nous sommes ainsi passés, sans coup férir, de la télévision au cirque d’État, sous le regard satisfait des technocrates et des producteurs du télévisuel qui se répartissent la manne des commandes en sous-traitance.»
Je me disais, en refermant ce numéro extrêmement pertinent, qu’il existe un public que les médias, même ceux dits de «qualité», négligent de plus en plus. On méprise souvent ces intellectuels, on les traite d’«élitistes», désormais synonyme de «pestiférés» dans la bouche de plusieurs. Ils ont pourtant le droit de s’exprimer et, surtout, le droit d’exiger plus de respect de la part des médias publics. C’est aux dépens de ces gens que se fait le nivellement par le bas souvent érigé en politique.

Jaune comme de la margarine

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La nouvelle est passée dans le beurre, c’est le cas de le dire. Le gouvernement du Québec a abrogé en douce, le 25 juin dernier, le règlement vieux de 21 ans qui interdisait aux fabricants de margarine de donner à leur produit la couleur du beurre.
Arrêtez les presses, on tue la une! Désormais, on trouvera de la margarine jaune dans les épiceries.
La controverse au sujet de la couleur de la margarine persistait depuis près de 30 ans. Dès les années 1970, l’Union des producteurs agricoles a fait campagne en faveur de différenciation de la margarine, sous prétexte que la couleur jaune entretenait la confusion avec le beurre.
Le Québec était le seul endroit au pays, et probablement le seul endroit au monde, où il était interdit de colorer la margarine.
En abrogeant la loi, le conseil des ministres vient donc de faire du Québec une société un peu moins distincte…
La Fédération des producteurs de lait a rendu les armes et n’entend pas s’opposer à la nouvelle loi. Le public a évolué, croit-on à l’UPA, et la margarine n’est plus percue comme un substitut du beurre. À ce chapitre, la concurrence vient plutôt de l’huile d’olive.
Puisque le débat entourant la coloration de la margarine vient de connaître son dénouement, on pourra désormais chercher, collectivement, des réponses à des questions plus fondamentales. Exemple? Comment se fait-il qu’une société puisse s’entre-déchirer pendant 30 ans autour d’une question aussi insipide que la couleur de la margarine? Nous ne sommes pas sortis du bois.
Il y a de quoi rire jaune…

Le bonheur est dans Lanaudière

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La musique classique peut tout aussi bien être prétexte à une grande fête populaire que le jazz, l’humour ou la chanson, comme le répète souvent avec raison (et passion) le pianiste Alain Lefèvre.
Le Festival de Lanaudière en a une nouvelle fois fourni la preuve, ce week-end, avec le concert inaugural de sa 31e édition. J’ai eu le bonheur d’y être, vendredi. Il y avait foule au magnifique amphithéâtre de Lanaudière et l’infatigable père Fernand Lindsay, que j’ai croisé, affichait son sourire des grands soirs. Et pour cause!
Yannick Nézet-Séguin, qui a triomphé récemment à Rotterdam, l’Orchestre métropolitain et cinq chœurs y donnaient le célèbre Carmina Burana de Carl Orff. Une grande pianiste ukrainienne dont je n’oublierai pas le nom, Valentina Lisitsa, a livré en première partie une interprétation fulgurante du deuxième Concerto pour piano de Prokofiev.
Il faisait un temps magnifique. Sur la pelouse ou sous la partie couverte, les quelque 4000 spectateurs écoutaient religieusement. Tous sont repartis le sourire aux lèvres.
C’est bien beau le Festival de jazz, Juste pour rire et le 400e de Québec. Mais il ne faut pas oublier pour autant l’extraordinaire, l’indispensable Festival de Lanaudière.

Tennis: une finale historique à Wimbledon

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Dans 20 ans, on parlera encore de la finale d’hier, à Wimbledon. Dans les médias, on galvaude souvent l’épithète «historique». Pas cette fois. L’affrontement entre Rafael Nadal et Roger Federer passera effectivement à l’histoire, non seulement comme l’un des plus beaux affrontements de l’histoire du tennis, mais aussi comme l’un des grands moments de l’histoire du sport tout court.
Pendant plus de 4h 48 minutes, ces deux génies du tennis ont maintenu un niveau de jeu extraordinaire et multiplié les échanges à couper le souffle. On n’avait pas vu de duel à ce point épique depuis les célèbres batailles entre Borg et McEnroe, au début des années 1980.
J’aurais préféré un autre dénouement, bien sûr. Passionné de tennis depuis toujours, je suis un admirateur inconditionnel de Roger Federer. Il demeure à mes yeux le plus grand joueur, toutes époques confondues. Le match d’hier n’y change rien.
Je trouve toutefois dommage qu’un match de cette envergure se soit terminé dans la quasi obscurité. «C’est dur pour moi de perdre le plus grand tournoi du monde sur une question de lumière. Mais c’est comme ça. Je ne voyais presque plus contre qui je jouais», a d’ailleurs dit Federer, dévasté, après le match. Digne dans la défaite comme dans la victoire, le premier joueur mondial avait bien raison.
Petit rappel à ceux qui débarquent à peine sur la planète tennis : Federer avait remporté ses 65 dernières rencontres sur l’herbe de Wimbledon. Il remettra ça l’an prochain, j’en suis sûr, quand il aura séché ses larmes et que la lumière sera enfin revenue sur le mythique court central de Wimbledon.

Bloguons lecture

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L’amitié plus forte que la guerre
Le 27 décembre 1944, dans les eaux glaciales de l’Atlantique Nord, la corvette canadienne NCSM St. Thomas torpille le sous-marin allemand U-877. Plutôt que d’abandonner la cinquantaine de marins ennemis dans les flots, le commandant en second Stanislas Déry, de Québec, écoute sa conscience et choisit de recueillir à son bord l’équipage allemand. Transcendant les haines imposées par la guerre, Déry et son homologue allemand, l’Oberleutnant zur See Peter Heisig, vivent alors les premières minutes d’une amitié pour le moins inusitée, qui durera plus de 60 ans. Voilà la très belle histoire que racontent dans Ne tirez pas! l’écrivain Jean-Louis Morgan et l’historienne Linda Croteau (devenue Linda « Sinclair » à la demande de l’éditeur français…). La Deuxième Guerre mondiale a beau avoir donné lieu aux plus effroyables atrocités, elle a aussi réveillé chez certains belligérants un sursaut d’humanité. Cet épisode, qui rappelle le scénario du film Joyeux Noël !, de Christian Carion, a inspiré un documentaire au journaliste, cinéaste et éditeur Alain Stanké. La télévision de Radio-Canada le diffusera sous peu. (Ne tirez pas !, par Jean-Louis Morgan et Linda Sinclair, L’Archipel, 360 p., 29,95 $)
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Souvenirs d’Afrique
Brillant homme d’affaires torontois, Scott Griffin a changé brusquement de vie, en 1996, lorsqu’il a été évincé de l’entreprise qu’il avait pourtant fondée. En pleine crise de la cinquantaine, il aspirait justement à quelque chose de plus noble que de gagner de l’argent. Ce vieux rêve d’aller un jour en mission dans un pays sous-développé lui revenait avec insistance. Plutôt que de poursuivre sa carrière dans les affaires, il a choisi de partir pour l’Afrique afin d’aider le Flying Doctors Service, organisme de Nairobi, au Kenya, dont le mandat consiste à transporter des médecins dans des régions difficiles d’accès du continent africain. Intrépide, Scott Griffin s’est rendu en Afrique aux commandes de son petit Cessna 180. Son aventure là-bas a duré deux ans et demi, le temps pour lui de parcourir 23 000 milles (37 000 km) en avion au-dessus du désert, de la jungle, de la neige et de la glace. Ce « grand romantique », ainsi que le qualifie Margaret Atwood, en est revenu transformé à jamais, convaincu qu’il en savait désormais beaucoup plus au sujet de la condition humaine que s’il était resté à Toronto, bien en sécurité dans le monde des affaires. Son récit est palpitant. (L’Afrique bat dans mon cœur, par Scott Griffin, Boréal, 352 p., 27,95 $)

Pour la dimension historique du 400e, il faut lire…

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Je n’en peux plus d’entendre les lamentations de ceux qui déplorent l’absence de la dimension historique dans les festivités entourant le 400e anniversaire de Québec.
Ceux qui veulent profiter de cette occasion pour en connaître davantage au sujet de notre histoire ont pourtant l’embarras du choix. À condition bien sûr de ne pas être passifs. Il faut en effet se grouiller le popotin et se rendre dans une librairie. On cherchera en vain matière à creuser la dimension historique du 400e dans les discours vides des politiciens ou dans les spectacles de Céline Dion ou Paul McCartney. C’est en ouvrant un livre qu’on apprend l’histoire.
Pour les besoins d’une prochaine chronique, je me vautre ces jours-ci dans divers ouvrages publiés dans le cadre des 400 ans de Québec. Ces livres foisonnent. Tous rivalisent d’intérêt. Voici quelques titres, en vrac. Québec : quatre siècles d’une capitale, un superbe ouvrage collectif de plus de 700 pages paru aux Publications du Québec; Québec : Une capitale vue du ciel, du géographe Henri Dorion et du photographe Pierre Lahoud, un livre de haute tenue qui permet d’admirer Québec «avec le regard des oies blanches» (Éditions de l’Homme); Québec, Champlain, le monde, un collectif d’historiens de l’Université Laval (PUL); Québec et sa région, de l’historien Jacques Lacoursière et du romancier Pierre Caron (Éditions de l’Homme); Champlain et les fondateurs oubliés. Les figures du père et le mythe de la fondation, de Mathieu D’Avignon (PUL) et Québec, ville militaire 1608-2008, un collectif (Art Global).
Ce ne sont que quelques-uns des titres parus dans le cadre du 400e anniversaire de Québec. Il y a plus de contenu dans ces ouvrages que dans tous les discours réunis des politiciens.

L’uniforme des athlètes canadiens à Pékin: affreux!

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Au secours! Les athlètes canadiens seront à ce point mal fagotés qu’ils vont faire rire d’eux à Pékin, c’est certain.
Le libéral Denis Coderre et le bloquiste Pierre Paquette ont déchiré leur chemise, il y a quelques semaines, en dénonçant le fait que les uniformes que porteront les athlètes canadiens aux Jeux olympiques de Pékin ont été fabriqués en Chine. C’est une gifle pour l’industrie canadienne du vêtement, ont-ils crié en chœur.
Pourtant, le scandale n’est pas là. Le scandale réside plutôt dans la laideur ahurissante du costume.
Ses couleurs criardes très «années 70» et son motif bariolé constituent une retentissante insulte au bon goût. Je suis convaincu que plusieurs athlètes en seront embarrassés.
Un reporter du Canada anglais s’est d’ailleurs affublé du costume des athlètes canadiens et a fait un vox pop dans les rues. Malaise… Il a fait rire de lui, bien évidemment. Des passants l’ont cru déguisé pour l’Halloween.

Conçu par la Compagnie de la Baie d’Hudson, l’uniforme canadien se targue d’être «écologique». Il a été conçu avec du bambou, du coton biologique et du «cocona», sorte de textile dérivé de l’écorce de noix de coco.
Soit. Je veux bien qu’on se drape dans les vertus écologiques. Mais que fait-on de la pollution visuelle?